All Mecen reçoit : Fyrkat

De plus en plus actif en production, Fyrkat semble d’attaque pour monter en puissance en 2017. Nous sommes allés dans leur studio à Pantin, où Grégoire, l’un des deux membres du duo, a répondu à nos questions.

Salut Grégoire ! Merci de nous accueillir dans ton studio. D’où est né le projet Fyrkat et combien êtes-vous ?

Fyrkat est, à la base, mon projet solo. Puis j’ai rencontré Shibly, qui n’est pas du tout musicien à l’origine. Il a appris la MAO en autodidacte, avant d’acheter ses premiers synthés et tout le matos nécessaire pour faire du son chez soi. Un jour, il m’a envoyé un projet qu’il avait fait. J’en ai fait un remix et ça a donné « WAYN ? ». C’était il y a 1 an.

Suite à ça, on a décidé de faire un live, c’était au bar 114. Il est devenu alors évident qu’il faisait partie du projet Fyrkat.

Quel fut le premier projet à 2 ?

Dans la foulée de cette première date au 114, on a composé notre premier EP à 2, intitulé “Kids on Bike”. Cet EP contient 5 morceaux dans un style down tempo. Mais nous n’étions clairement pas satisfaits du résultat. On a pas insisté sur la communication. C’est à partir du début d’année 2016 que nous avons décidé de changer notre ligne de conduite.

De quelle ligne de conduite s’agit-il ?

Nos influences sont multiples : hip-hop, ambient, electronica, techno, house. Du coup, quand on fait des productions, on ne sait pas trop où on va. On ne s’est pas imposé de contraintes et je pense que c’était ça le problème. Quand tu veux avoir ta propre identité, il me semble important de créer ses codes. Nous avons beaucoup réfléchi sur ce problème-là. Et le fruit de cette réflexion a donné “Wildcore / But City”, notre nouvel EP, sorti le 28 novembre dernier.

Wildcore / But City – Fyrkat

Justement, à propos de cet EP, la nouvelle ligne de conduite est très techno, je me trompe ?

Effectivement, il fallait trancher : soit on restait sur le coté down tempo, soit on bifurquait vers l’electronica, la techno. On a choisi la techno, mais peut être qu’on fera un side project down tempo.

Dans cet EP, on voulait un style techno, mais que tu puisses écouter à la maison. J’ai remarqué que mes amis musiciens préfèrent “Wildcore”, sans doute parce qu’il y a ce coté « mystique » et cette progression assez lente qui doit sans doute plus plaire à ces gens-là !

Comment avez-vous procédez pour produire cet EP ? Et quel matériel utilisez-vous en ce moment ? Tu me disais que vous produisez essentiellement avec du matériel analogique…

Pour “Wildcore / But City”, nous avons utilisé des machines pour les synthés et pour les basses. La basse est faite avec le bass station 2 de novation. Dans Wildcore, le lead est un Moog Voyager qu’on passe dans des pédales. Dans “But City”, on utilise en plus le Dave Smith Pro 2.
Les drums sont essentiellement élaborées avec l’Analog Rytm d’Elektron. Nous utilisons Ableton Live, grâce auquel nous pouvons créer des pistes midi, reliées à nos synthés. Les notes midi vont jouer une mélodie ou ligne d’accords, qu’on laisse tourner en boucle. On peut changer les paramètres et réglages des synthés en direct de cette manière, et garder à la fin les meilleures prises.

Grégoire de Fyrkat

La couverture de l’EP est très cool et propre ! Qui l’a réalisée ?

Coline Sentenac, photographe de métier. C’est elle qui a fait le shooting et le travail graphique. C’est d’ailleurs la première fois qu’elle réalise un montage graphique pour un client ! Merci à elle !

Avez-vous déjà l’intention de sortir un nouvel EP ?

Enchaîner par un EP en janvier ou février, ça serait cool.

Techno, toujours ?

Techno ou electronica…. Même si on a terminé un morceau plus acide de 9 minutes et qui tape pas mal. On le garde de côté pour l’instant, mais il est prêt !

Comment faites-vous pour le mixage et le mastering ?

Toute la structure de nos morceaux est réalisée sur Ableton. Mais comme nous utilisons pas mal de plug in, notamment ceux de chez WAVE, qui sont très gourmands en CPU, je préfère exporter toutes les pistes et effectuer un mixage plus approfondi sur Logic.

Parfois nous descendons dans le studio de Rodolphe -Soundshape Studio- pour effectuer des mixages plus précis et le mastering. Rodolphe, qui est ingénieur du son, passe par du hardware, ce qui améliore la qualité et la précision du mixe. Le routing du studio est complexe, mais il arrive quand même qu’on l’assiste.

Justement, Rodolphe est aussi le fondateur du nouveau label “Grown Records” sur lequel vous avez signé l’EP. Comment s’est opérée cette signature ?

Rodolphe cherchait des artistes pour sa première sortie. On avait convenu qu’en échange de nos morceaux, il nous faisait le mixage et le mastering gratuitement. Il n’y a pas eu énormément de communication sur l’EP, mais nous sommes vraiment satisfaits du résultat final.

Une fois l’EP sorti, Rodolphe a démarché les radio et webradio, ce qui nous permet par exemple d’être diffusé sur la grosse plate forme Digitally Imported.

Fyrkat

Vous préparez un live en parallèle. Utiliserez-vous le même matériel que celui du studio ?

Quasiment. Pour le David Smith Pro 2 on ne sait pas trop car il prend de la place, ça causerait des problèmes de logistique. On aura donc le Bass Station 2 lié à des pédales d’effets, l’Analog Rytm d’Elektron pour ce qui est de l’analogique. On aura le Push 2 d’Ableton renforcé d’un nanoKONTROL 2 de Korg. Le Push 2 est excellent mais il manque les faders, présent sur le Korg.

Ça ne sera donc pas un live 100% analogique, on se servira d’ Ableton pour déclencher des séquences audio. On aimerait aussi, dans un avenir proche, filmer des versions live et ralongées de Wildcore et But City dans un lieu atypique.

Propos recueillis par Corentin Guillemet le 7 décembre 2016.

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